Jacques de La Presle 
1888-1969

Jacques de la Presle au 119e RI
jdp                                                  

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Nous tenons à remercier Alix Evesque, petite fille de J.de la Presle et Denis Havard de la Montagne qui nous ont autorisé à publier les photos et textes ci-dessous.

 

Pour plus de détail concernant l’œuvre du musicien Jacques de la Presle , vous pouvez consulter la rubrique Grand Prix de Rome sur l'adresse www.musimem.com, où des extraits de l’œuvre du compositeur sont disponibles en écoute. Notamment la Suite en Sol pour quatuor à cordes interprétée pour la première fois par le Detroit Windsor Chamber Ensemble. Cette œuvre d’une grande gaîté, qui offre un contraste étonnant avec les circonstances dans lesquelles elle fut écrite, puisqu’elle date d’octobre 1917 quand de la Presle combattait sur le front à Grugies près de St-Quentin dans l’Aisne. L’optimisme débordant de cette œuvre est sans doute lié au fait qu’il l’écrivit en pensant à sa toute jeune épouse depuis la tranchée sous les bombardements, montrant ainsi cette faculté qu’a un artiste de pouvoir s’abstraire totalement des contingences extérieures.

 

Né le 5 juillet 1888 à Versailles, Jacques Guillaume de Sauville de la Presle est issu d’une vieille famille champenoise, aristocrate et humaniste, qui a donné trois légionnaires, dont le plus ancien Eugène-Louis est né le 4 avril 1787 à Vandières.

Après un baccalauréat ès-lettres, il rejoint le Conservatoire de musique de Paris, au même moment  il est nommé organiste de l’église Notre Dame de Versailles où il succède à son professeur parti au grand orgue de l’église Saint Pierre de Chaillot à Paris.

En 1913, il se présente au Concours du Grand Prix de Rome qui est remporté par Lili Boulanger à l’age de vingt ans. Elle échangera des courriers avec J. de la Presle  pendant la guerre avant de décéder le 15 mars 1918 à l’age de vingt quatre ans. Jusque dans les années soixante son oeuvre influencera des musiciens de jazz comme Herbie Hancock et Wayne Shorter, tous deux membres du quintet de Miles Davis.

La grande Guerre interrompt prématurément les études musicales de J. de la Presle.
Parti au front dès le début de la guerre comme soldat brancardier au 119e Régiment d’Infanterie, il se retrouve à trois reprises à Verdun. Trois mois avant la signature de l’armistice, le 15 août 1918, il est sérieusement gazé, ce qui lui vaut sept mois à l’hôpital entre la vie et la mort.

J. de la Presle au piano, René Dorin au violon en1917.

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  Lors de son service militaire, avec quelques camarades également passionnés de musique, parmi lesquels André Caplet, le célèbre ténor d'Opéra  Georges Jouatte , Taillardat, Maurice Maréchal, René Dorin et plusieurs autres Prix du Conservatoire, il fonde un orchestre de 35 instrumentistes. Avec cette formation militaire, il s’évertue à faire oublier quelques instants aux soldats les affres de cette guerre épouvantable. Il compose le Cri de Guerre de la 6e Division d’Infanterie, sur une poésie de René Dorin, qui avait été donné aux armées la première fois le 30 juin 1915 par le 119e RI, devant Aix Noulette.

Sa brillante conduite durant le conflit lui vaut la Médaille militaire et deux citations. La deuxième remise en même temps à lui et son ami chansonnier René Dorin par le général Thuy, commandant de la 12e brigade d’infanterie, comportait le texte suivant : 

« Remarquable brancardier, a accompli depuis le début de la campagne ses fonctions de brancardier, dans les secteurs et sur les pistes les plus battues par le feu de l’ennemi, avec une vigueur et une énergie exemplaires. A contribué, en outre, dans les cantonnements de repos, par son entrain et son ascendant sur ses camarades, à ramener la gaieté et la bonne humeur, après les épreuves les plus pénibles. »

René Dorin, Jacques de la Presle, Grandjean


René Rudeau, baryton qui fit carrière après la guerre aux Folies Bergères, il a chanté le Cri de Guerre en 1916.


Le Docteur Robert du 119ème qui a écrit des textes mis en musique par Jacques de la Presle.

Robert
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Une fois la guerre terminée, Jacques de la Presle se remet au travail et décroche en 1920 le Second Prix et en 1921 le Premier Prix au Concours de Rome. Directeur artistique de Radio Paris à partir de 1930 puis de la Radiodiffusion nationale jusqu’en 1943, il est également professeur d’harmonie de 1937 à 1958 au Conservatoire de Paris. Il compose de nombreuses pièces de musique de chambre, il est notamment reconnu pour ses oeuvres pour piano et ses mélodies (plus de 70) toujours écrites dans un style soigné et délicat.  Son oeuvre maîtresse composée à Rome à la villa médicis est l'oratorio, l'Apocalypse de Saint-Jean, son concerto pour piano et orchestre a eu le prix de la ville de Paris en 1951.  Le jardin mouillé pour harpe est la pièce la plus jouée à l'heure actuelle, présente dans de nombreux concours, tout comme le Thème et Variations pour piano. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages pédagogiques dédiés à la musique. Il décède à Paris le 6 mai 1969.

Voir la page web de Corisande Evesque, l'arrière petite fille de Jacques de la Presle .